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Neuberger : "Nous tablons sur une nouvelle année de forte croissance des bénéfices, portée par l'IA"
information fournie par Zonebourse 20/10/2026 à 16:43

"Après une année 2026 marquée par l'accélération des investissements dans l'intelligence artificielle, les perspectives du secteur technologique restent bien orientées pour 2027. Nous tablons sur une nouvelle année de forte croissance des bénéfices, toujours portée par les infrastructures liées à l'IA. Les dépenses d'investissement des hyperscalers devraient avoisiner 710 milliards de dollars en 2026, soit une progression de 75% sur un an, et pourraient continuer à augmenter en 2027", avance Yan Taw Boon, gérant chez Neuberger Berman.

Des réseaux optiques sous tension face aux besoins de l'IA agentique

La nature des besoins évolue toutefois rapidement. Les principaux goulets d'étranglement, jusqu'ici concentrés sur les semi-conducteurs, se déplacent désormais vers les infrastructures réseau. Les débits passent progressivement de 800G (Gigabits par seconde) à 1,6T (Térabit), puis à 3,2T, tandis que le développement de l'IA agentique rend les questions de latence et de fiabilité de plus en plus importantes.

(NDLR : G et T désignent des unités de mesure de vitesse de transfert de données - la bande passante des réseaux optiques et des centres de données).

Dans ce contexte, l'offre devrait rester contrainte dans plusieurs segments, notamment les composants et équipements de réseaux optiques, les équipements pour semi-conducteurs et les substrats avancés. Les écarts devraient donc rester importants d'une entreprise à l'autre, ce qui rend la sélection des valeurs essentielle.

Une valorisation plus raisonnable qu'en l'an 2000

"Malgré la forte progression du secteur, nous ne pensons pas être dans une situation comparable à celle de la bulle technologique de 2000. Les dix plus grandes valeurs technologiques américaines se négociaient alors autour de 87 fois les bénéfices attendus, contre environ 36 fois aujourd'hui. Surtout, les investissements réalisés actuellement reposent sur des flux de trésorerie bien réels. Le ratio PEG (= Price/Earnings-to-Growth, ou ratio cours/bénéfices sur croissance) de notre portefeuille s'établit par ailleurs à 0,8, soit un niveau comparable à celui des actions mondiales", explique Yan Taw Boon.

Risques de marché et critères de sélection des entreprises

Le marché a déjà eu l'occasion de tester la solidité de cette thématique. Entre juin et juillet, l'indice des semi-conducteurs a reculé de plus de 20%, sans que les fondamentaux ne soient remis en cause. Cela ne signifie pas pour autant que le secteur est exempt de risques. Les positionnements sont parfois devenus très consensuels, les coûts d'inférence diminuent, les taux d'intérêt restent un facteur de risque et les tensions sur les chaînes d'approvisionnement pourraient progressivement s'atténuer. "C'est pourquoi nous cherchons avant tout à nous positionner sur les entreprises qui bénéficient d'une demande clairement identifiable, dans des marchés où l'offre reste contrainte", signale le gérant de Neuberger Berman.

Pour identifier ces opportunités, la société de gestion suit notamment l'évolution des dépenses d'investissement des hyperscalers, les délais d'approvisionnement et les prix au sein des chaînes de valeur, ainsi que les taux d'intérêt. Au niveau des entreprises, son analyse commence par la visibilité sur les bénéfices. Elle examine ensuite la valorisation à travers le PER, le ratio PEG et les flux de trésorerie disponibles, tout en tenant compte de la solidité des avantages concurrentiels et du potentiel de hausse et de baisse de chaque valeur.

Une gestion active axée sur les chaînes d'approvisionnement asiatiques

Cette approche se traduit par une gestion active du portefeuille. Son taux de rotation s'est élevé à 211% au cours des douze derniers mois, ce qui reflète la rapidité avec laquelle évolue la thématique et la nécessité d'identifier suffisamment tôt les nouveaux goulets d'étranglement.

Un tel niveau de rotation pourrait laisser penser que les valeurs sont détenues pendant des périodes relativement courtes. "Dans les faits, nos principales convictions restent plus longtemps en portefeuille et s'inscrivent dans un horizon d'investissement de trois à cinq ans. Nous privilégions en particulier les segments où l'offre demeure contrainte et où les entreprises conservent un réel pouvoir de fixation des prix. C'est notamment le cas des réseaux et câbles optiques, des équipements pour l'industrie des semi-conducteurs, des substrats avancés et des circuits imprimés, mais aussi des infrastructures d'alimentation électrique et de refroidissement", fait savoir Yan Taw Boon.

"Nous sommes également présents, de manière plus sélective, dans la cybersécurité. Une part importante de ces opportunités se trouve dans les chaînes d'approvisionnement asiatiques, au-delà des grandes capitalisations technologiques auxquelles les investisseurs sont davantage habitués", précise le gérant.

Secteurs à l'écart : mémoires, 5G pure et valeurs consensuelles

Neuberger Berman est en revanche plus prudent sur les mémoires, un segment dont la société de gestion est sortie après sa forte progression en raison du risque d'une augmentation de l'offre. Elle évite également les segments devenus très consensuels lorsque la visibilité sur les bénéfices commence à diminuer ou que la concurrence s'intensifie. Enfin, certaines thématiques plus matures, comme la 5G pure, ne font pas partie des priorités de ce gestionnaire d'actifs.

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